Retour aux ressources

La biodiversité grise dans le bâtiment : comment estimer l’impact des matériaux de construction sur la nature

Publications 22 octobre 2026

Notre partenaire Carbone 4 publie un position paper sur la biodiversité grise dans le bâtiment, rédigé avec le soutien de Nexity et Altarea. Darwin a été intégré en tant que partenaire de l’étude afin de réaliser l’empreinte biodiversité d’un projet de construction, sur la plateforme nature de Darwin. Voici une courte synthèse ; le document complet est disponible sur le site de Carbone 4.


La biodiversité grise, un angle mort du secteur du bâtiment

À date, le secteur de la construction pilote son impact biodiversité principalement à travers le chantier, via l’enjeu de l’artificialisation. Or l’essentiel des dommages se joue en amont, dans l’extraction et la transformation des matériaux : c’est ce qu’on appelle la « biodiversité grise ». Le secteur est responsable d’environ 50 % de l’extraction mondiale de matières premières, mais aucun référentiel du bâtiment (RE2020, labels) ne couvre aujourd’hui cet impact, et les outils de mesure n’existent pas.

Pendant 4 mois, Carbone 4, Nexity et Altarea ont cadré une première approche méthodologique. Un bâtiment type, résidentiel de 50 logements avec une structure en béton, a été modélisé à partir des fiches INIES déjà mobilisées pour la RE2020, puis son empreinte biodiversité calculée sur la plateforme Darwin (méthode IMPACT World+, en PDF.m².yr).

Principaux apprentissages

  • La biodiversité grise domine très largement l’empreinte. L’impact du bâtiment modélisé, soit 272 000 PDF.m².yr, équivaut à 12 500 m² de déforestation, près de 10 fois l’emprise au sol du bâtiment. La fabrication des matériaux représente plus de 80 % de l’impact total, et ce ratio peut atteindre plus de 90 % selon les hypothèses retenues.
  • La pollution et le changement climatique sont les deux premières pressions, portées en grande partie par les produits en béton : la seule superstructure représente plus d’un quart de l’impact global. L’aluminium et l’acier pèsent également par la pollution qu’ils génèrent.
  • Un point de vigilance sur les matériaux biosourcés. Substituer le béton par du bois réduit l’empreinte carbone mais peut, si la provenance n’est pas maîtrisée, tripler la pression sur le changement d’usage des sols et augmenter l’impact biodiversité global d’environ 15 %.
  • Climat et biodiversité sont largement alignés, mais pas systématiquement. La sobriété en matériaux et le réemploi bénéficient aux deux ; le biosourcé appelle une traçabilité rigoureuse des sources.
Résultats par impact sur 50 ans : 82 % d’impact amont et 18 % d’impact in situ, sur 330 000 PDF.m².yrRésultats par impact sur 50 ans : 330 k PDF.m².yr82 %18 %Impact amont (matériaux)272 k PDF.m².yrImpact in situ58 k PDF.m².yr
Scénario avec une surface avant-projet non artificialisée. Source : Carbone 4, modélisation sur la plateforme Darwin.

Pourquoi agir maintenant

Le champ de la biodiversité grise se trouve dans une situation proche de celle du carbone incorporé il y a une quinzaine d’années : l’impact est documenté, mais les outils de mesure harmonisés et les référentiels sectoriels restent à construire. À court terme, le position paper encourage à calculer l’empreinte biodiversité sur quelques projets emblématiques pour mobiliser les équipes opérationnelles et achats, et à sécuriser la traçabilité des matériaux biosourcés et autres matériaux à impact avec les fournisseurs. À moyen terme, le secteur gagnerait à construire un référentiel commun de mesure et un cahier des charges de sourcing responsable par typologie de matériaux.


Le document complet, avec la méthodologie et les résultats détaillés, est disponible sur le site de Carbone 4. Pour mesurer l’empreinte biodiversité de vos propres projets ou de votre portefeuille, utilisez le bouton Réserver une démo ci-dessous.

Envie d’en savoir plus ?

Découvrez comment Darwin peut vous aider à transformer les risques nature en opportunités.

RÉSERVER UNE DÉMO